Écopièges posés sur des troncs de pins pour capturer les chenilles processionnaires, près de Bordeaux
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Chenille processionnaire du pin : poser l’écopiège avant la descente

Les pins de la région bordelaise sont une cible de choix pour la chenille processionnaire du pin. Ses nids de soie blanche, accrochés au bout des branches en hiver, sont familiers ; ce qui l’est moins, c’est le calendrier. Le moment le plus utile pour agir n’est pas celui où l’on voit les chenilles, c’est quelques semaines avant.

Pourquoi s’en occuper

Les chenilles portent des poils microscopiques très urticants, qu’elles libèrent quand elles se sentent menacées et que le vent peut transporter. Au contact de la peau, des yeux ou des voies respiratoires, ils provoquent démangeaisons, conjonctivites et parfois des réactions allergiques. Les chiens, qui reniflent ou lèchent les processions au sol, sont particulièrement exposés : les lésions de la langue peuvent être graves.

Depuis le décret du 25 avril 2022, la processionnaire du pin figure au code de la santé publique parmi les espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine. Le préfet peut en préciser les mesures de lutte par arrêté, et certaines communes prennent leurs propres dispositions : votre mairie peut vous dire ce qui s’applique chez vous.

Le cycle, et les bons moments pour agir

  • De l’été au début de l’automne : les papillons volent, se reproduisent et pondent sur les aiguilles. C’est la période des pièges à phéromones, qui capturent les papillons mâles et limitent la reproduction.
  • De l’automne au cœur de l’hiver : les chenilles grandissent en colonie et tissent le nid blanc qui les abrite. Elles se nourrissent des aiguilles la nuit et affaiblissent l’arbre.
  • De la fin de l’hiver au printemps, parfois dès décembre sous le climat doux de Bordeaux : les chenilles descendent le tronc en file indienne, la « procession », pour s’enfouir dans le sol et s’y transformer. C’est le moment le plus dangereux, et celui que vise l’écopiège.

L’écopiège : intercepter la descente

L’écopiège est une collerette fixée tout autour du tronc, à hauteur d’homme. Les chenilles qui descendent sont guidées vers un sac rempli de terre, dans lequel elles s’enfouissent comme elles le feraient au pied de l’arbre, et où elles restent prisonnières. Pas de produit, pas de pulvérisation : c’est une méthode mécanique, sans effet sur les autres insectes.

Écopièges posés sur des troncs de pins pour capturer les chenilles processionnaires, près de Bordeaux
Des écopièges en place sur deux pins : la collerette guide les chenilles vers le sac.

Tout se joue sur la date de pose : l’écopiège doit être en place avant la première descente, donc à l’automne, au plus tard en début d’hiver. Posé en février sur un arbre dont les chenilles sont déjà au sol, il ne sert plus à rien. Il doit aussi épouser parfaitement l’écorce : la moindre fente laisse passer la procession.

Au printemps, le sac plein de chenilles se retire et s’élimine. C’est l’étape la plus délicate : les poils urticants restent actifs longtemps, même sur des chenilles mortes et dans les nids vides. Elle se fait avec gants, lunettes et vêtements couvrants, sans jamais secouer le sac.

Les autres moyens, en complément

  • L’échenillage : couper les branches portant les nids en hiver, quand ils sont accessibles, puis les détruire. Même précautions : les nids sont chargés de poils.
  • Les mésanges : elles se nourrissent des chenilles. Un nichoir installé dans le jardin est un allié durable, qui travaille toute l’année.
  • Le traitement biologique des jeunes chenilles à l’automne existe aussi ; il se décide au cas par cas, selon la hauteur des arbres et leur environnement.

Aucun de ces moyens ne suffit seul. Le plus efficace est de les combiner sur l’année : pièges à phéromones l’été, écopièges avant l’hiver, nichoirs toute l’année.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Toucher une procession, même avec un bâton, ou la balayer : les poils se dispersent.
  • Brûler un nid dans l’arbre : le feu disperse les poils et abîme le pin.
  • Laisser un chien ou un enfant approcher d’une procession ou d’un nid tombé au sol.

Le faire faire

Nous posons des écopièges sur les pins de nos clients, à l’automne, et nous les retirons au printemps avec les protections nécessaires. Contactez-nous avant l’hiver pour que la pose se fasse à temps.

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